Égalité professionnelle, Malmö – 18-20 juin 2001

HRCT

11e CONFÉRENCE DU
GROUPE PROFESSIONNEL
Malmö, 18-20/06/2001

Point 6: Égalité professionnelle

Le comité du groupe professionnel (Le Caire, 13-14 novembre 2000) avait demandé à l’UITA de procéder à une identification des attentes des femmes qui travaillent dans le secteur HRCT, et de leur poids dans les organisations affiliées à l’UITA.

Présence des femmes dans les effectifs affiliés

Les réponses au questionnaire envoyé par le secrétariat montrent les pourcentages suivants:

Pays Syndicat % de femmes
Allemagne NGG 56%
Australie ALHMU 60%
Chypre OEXEV-SEK 51%
Danemark HK Service 75%
Danemark RBF 67%
Espagne FECOHT-CC.OO Environ 42%
États-Unis HERE Plus de 50%
Finlande PAM 85%
Hongrie VISZ 60%
Norvège HRAF Environ 78%
St Lucie St Lucia S&WGWU 53%

La forte présence des femmes dans le secteur HRCT se traduit assez fidèlement dans la composition des affectifs affiliés. Toute initiative de syndicalisation dans le secteur devrait par conséquent mettre l’accent entre autres sur les préoccupations spécifiques des femmes qui travaillent dans le secteur HRCT.

Tripartite OIT avril 2001

Le secrétariat a soumis aux participantes et participants à la réunion tripartite de l’OIT (Genève, 2-6 avril 2001) un document de préparation qui concerne pour partie les questions des femmes qui travaillent. Ce document est joint en annexe 1. Le secrétariat propose que ce document, après discussion par la conférence, devienne la base de la politique de l’UITA pour les femmes qui travaillent dans le secteur HRCT.

La réunion tripartite a par ailleurs adopté, sur proposition du groupe des travailleurs, une résolution «concernant le renforcement de l’égalité professionnelle entre hommes et femmes dans le secteur de l’hôtellerie, de la restauration et du tourisme». Elle figure en annexe 2 (en anglais, espagnol, français seulement). Par ailleurs, le groupe des travailleurs a obtenu que, dans les conclusions de la réunion tripartite, un paragraphe spécial soit consacré aux questions des femmes qui travaillent. Il précise que «on pourrait attirer et retenir plus de femmes dans le secteur si l’on parvenait à améliorer leurs conditions d’emploi et de travail, leurs possibilités de formation et leurs perspectives de carrière. Pour ce faire, on pourrait aménager les horaires quotidiens de travail, assurer des possibilités de transport entre le lieu de travail et le domicile en dehors des heures normales, et instituer des prestations de maternité. Il convient d’offrir aux femmes une formation qui facilite leur réinsertion dans l’emploi après les périodes d’absence liées à leurs responsabilités familiales. La formation des femmes devrait être développée pour les préparer à occuper des postes d’encadrement comme pour améliorer leurs compétences à tous les niveaux. Il faut aussi protéger la dignité et l’intégrité physique des femmes, et en particulier éliminer toute forme de discrimination et de harcèlement sexuel sur les lieux de travail.»

Composition du comité du groupe professionnel

La conférence est dans l’obligation d’appliquer la résolution adoptée par la conférence du groupe professionnel réunie à Calviá en 1994, à savoir rééquilibrer la composition du comité de façon à ce que hommes ou femmes n’occupent pas moins de 40% des sièges du comité.

La solution qui consisterait à créer des postes supplémentaires pour chaque région réservés aux femmes est sans doute en apparence la plus simple. Mais, outre qu’elle étendrait considérablement un comité déjà fort nombreux, elle porte en elle des facteurs d’accroissement des dépenses à charge de l’UITA qui ne sont pas envisageables.

Le secrétariat propose donc de reprendre la suggestion présentée au dernier comité du groupe professionnel, à savoir:

    • Pour les régions Afrique, Amérique latine, Asie, Caraïbes, Europe centrale et orientale, Europe du Sud, Méditerranée orientale, Pacifique, Royaume-Uni et Irlande: au moins 1 des sièges (titulaire, premier ou deuxième suppléant) attribué à une femme, et au moins trois sièges de titulaire (en concertation entre les régions).
    • Pour les régions Amérique du Nord, Europe de l’Ouest continentale, Pays nordiques: au moins deux sièges sur 6 attribués à des femmes, dont au moins un siège de titulaire.

La conférence du groupe professionnel devrait indiquer au secrétariat la marche à suivre au cas où ces recommandations ne seraient pas respectées.

Travail futur

L’UITA a mis en place un comité femmes qui s’est donné comme objectif, entre autres, de coopérer davantage avec les groupes professionnels afin que les préoccupations des femmes qui travaillent dans les différents secteurs soient mieux prises en compte. Le secrétariat a participé à la réunion du comité femmes qui s’est tenu le 24 avril dernier et a présenté à cette occasion les activités du groupe professionnel.

Le groupe professionnel devrait décider les formes les plus adaptées de coopération entre le comité femmes et le groupe (participation de représentantes du secteur dans les activités du comité femmes, mise en place d’un groupe de travail femmes au sein du groupe professionnel, etc.).

Le groupe professionnel pourrait recommander au secrétariat de promouvoir davantage les questions des femmes dans les discussions qui ont lieu avec les employeurs au niveau sectoriel ou d’une société donnée.
HRCT

Annexe 1: Lignes directrices sur les questions des femmes qui travaillent dans le secteur HRCT

La conférence est invitée à discuter ces lignes directrices préparées pour les participants/tes à la réunion tripartite du secteur HRCT (avril 2001).

    • Les femmes qui travaillent dans le secteur HRCT sont confrontées, de par les contraintes particulières du secteur, à des difficultés spécifiques pour concilier vie professionnelle et vie familiale.
    • Une politique de développement des ressources humaines dans le secteur devrait entre autres tendre à offrir des solutions adaptées aux femmes qui travaillent. Il faudrait notamment que l’autorité publique ou le cas échéant les employeurs mettent à disposition des parents des systèmes de garde d’enfants adaptés aux horaires incommodes du secteur. Il faudrait également proposer des systèmes de transport domicile-travail aux heures ou dans les endroits où les transports en commun n’existent pas.
    • Une politique appropriée de développement des ressources humaines devrait passer par des horaires adaptés aux impératifs des femmes qui travaillent. Sauf lorsqu’elles le souhaitent, elles ne devraient pas être soumises à des horaires en coupure. Les contrats de travail à temps partiel peuvent représenter une solution adaptée aux besoins des femmes qui travaillent, à condition qu’ils soient négociés entre les intéressées et/ou leurs représentants/tes et la direction, et qu’ils résultent d’un choix clairement exprimé.
    • Les femmes sous contrat à temps partiel devraient pouvoir avoir la possibilité, dans la mesure du possible, de prétendre à un travail à temps complet lorsqu’elles en expriment le choix. L’employeur devrait s’efforcer de répondre à cette demande, notamment lorsque celle-ci est motivée par des impératifs familiaux.
    • L’amélioration de l’emploi des femmes dans le secteur HRCT passe par la promotion de l’égalité professionnelle. Les femmes ne doivent pas être moins bien traitées que les hommes en matière de salaire, de promotion, d’accès à la formation. Des accords cadres sur l’égalité professionnelle devraient être signés en plus grand nombre entre les interlocuteurs sociaux au niveau de chaque entreprise, au niveau sectoriel national et au niveau international.
    • La dignité des femmes qui travaillent dans le secteur devrait être respectée. Les employeurs ne devraient pas pouvoir imposer des tenues vestimentaires dégradantes ou humiliantes, notamment au personnel de service.
    • La violence et le harcèlement sexuel sont encore trop souvent des phénomènes que doivent subir les femmes qui travaillent dans le secteur. Ces phénomènes sont évidemment aggravés par la consommation d’alcool ou autres substances excitantes dans les établissements de restauration et les bars. Des mesures devraient être prises par les autorités publiques, et des accords passés entre interlocuteurs sociaux pour que violence et/ou harcèlement sexuel de la part des clients, de l’encadrement ou des collègues de travail soient La violence et le harcèlement sexuel sont encore trop souvent des phénomènes que doivent subir les femmes qui travaillent dans le secteur. Ces phénomènes sont évidemment aggravés par la consommation d’alcool ou autres substances excitantes dans les établissements de restauration et les bars. Des mesures devraient être prises par les autorités publiques, et des accords passés entre interlocuteurs sociaux pour que violence et/ou harcèlement sexuel de la part des clients, de l’encadrement ou des collègues de travail soient sévèrement réprimés.
    • La ratification de la convention de l’OIT sur la protection de la maternité, 2000 (n°183) devrait être encouragée. Les interlocuteurs sociaux devraient adopter des dispositions assurant la durée et le paiement du congé maternité et la mise en œuvre d’un congé parental après la naissance d’un enfant.
    • Les interlocuteurs sociaux devraient négocier des dispositions spécifiques pour la garde d’enfants malades qui permettraient de réduire les causes d’absentéisme des mères ou pères de famille.
    • Le retour à l’emploi des mères ou pères de famille après un congé parental d’éducation devrait être encouragé par des dispositions spécifiques touchant à la formation et à la réinsertion dans le milieu du travail.