Activités dans les régions – Rapport par pays: HRAF Norvège, Malmö – 18-20 juin 2001

HRCT

11e CONFÉRENCE DU
GROUPE PROFESSIONNEL
Malmö, 18-20/06/2001

Point 5: Activités dans les régions
Rapport par pays: HRAF Norvège

Rapport présenté par Hotell- og Restaurantarbeiderforbundet (HRAF), Norvège

Accord sur la convention collective 2000

Contrairement aux habitudes, il n’y a pas eu d’accord sur la convention collective en 2000. Une recommandation a été faite au cours des principales négociations, mais, lors du premier tour de scrutin, la grande majorité des membres du LO a refusé cette recommandation. HRAF a été l’une des quatre organisations à recommander à ses membres de voter "non".

La grève a duré huit jours et s’est lentement durcie. 1 850 membres HRAF ont suivi le mot d’ordre. Cette grève a également eu des conséquences puisque des délégués/es syndicaux/ales ont fait l’objet de harcèlement, les deux parties ayant fini par convenir, à la fin de la médiation, que ce type de harcèlement ne devrait pas se produire.

LO est sorti vainqueur de ce conflit en obtenant presque le double des augmentations demandées par les membres de HRAF. Enfin, la cinquième semaine de vacances entre en vigueur plus vite que prévu et la convention collective est maintenue pour deux ans.

Réforme de la formation continue et de la formation complémentaire

Depuis dix ans, les différentes parties négociaient une réforme prévoyant que les différents/tes travailleurs/euses bénéficient d’une formation continue ou complémentaire rémunérée, qui leur permette d’affronter les changements de vie professionnelle. Lors de cette négociation, seule la question du financement était une question difficile. Les parties sont convenues que cette réforme devait être applicable à toute la branche et pas uniquement aux entreprises liées par la convention collective. Jens Stoltenberg, Premier ministre, a volé au secours de LO et de NHO, en promettant que l’administration allait faire un nouveau rapport sur cette réforme. Celui-ci n’a, pour l’instant, pas été présenté.

Lufthansa Sky Gourmet et Gate Gourmet

Tant pour HRAF et que pour l’emploi en Norvège, le cas LSG a été la pierre de touche d’un marché international sur lequel les sociétés transnationales arrivent à proposer leurs marchandises et services à des prix infiniment plus compétitifs, et ce, au détriment des conditions de travail du personnel qu’elles emploient.

Lufthansa Sky Gourmet, LSG, qui est l’une des plus grosses sociétés de catering aérien du monde, s’est installée en 1999 dans les pays nordiques. Pendant trente ans, Gate Gourmet a bénéficié du plus gros contrat de catering aérien, l’ensemble de son activité reposant sur son contrat avec SAS. Les conditions de rémunération et de travail de Gate Gourmet étaient convenables, et les délégués/es syndicaux/ales avaient réussi, au fil des années, à négocier de nombreux accords complémentaires fort avantageux.

En 1999, le contrat a fait l’objet d’un appel d’offre. Le dernier examen des différentes offres a pris fin car LSG, bien que ne possédant pas de filiale en Norvège, En 1999, le contrat a fait l’objet d’un appel d’offre. Le dernier examen des différentes offres a pris fin car LSG, bien que ne possédant pas de filiale en Norvège, a décroché le contrat en faisant une offre inférieure de plus de 20% à celle de Gate Gourmet. On savait, depuis un certain temps déjà, que LSG entendait faire usage de conditions de rémunération et de travail d’autres pays. Les objectifs de l’entreprise l’ont, entre autres, confirmé: travail à temps partiel, nombre très restreint des emplois à plein temps, grande flexibilité des horaires de travail et des tâches, main d’œuvre sans formation, recul important des conditions de rémunération et de travail. LSG a ouvertement déclaré se considérer libre de tout engagement vis-à-vis des travailleurs/euses licenciés/es par Gate Gourmet, et souhaiter recruter en toute liberté.

HRAF a coopéré avec le syndicat des employés/es de compagnies aériennes (Luftfartens Funksjonær Forening, LFF) et le syndicat général des travailleurs/euses du secteur privé (Privatansattes Fellesorganisasjon, PRIFO) qui exigeaient des négociations communes avec le soutien de LO et YS. Il a fallu beaucoup de temps pour amener LSG à négocier. Au bout de six mois de négociations, grâce aux pressions exercées par LO et YS, grâce aux nombreuses actions entreprises sur l’aéroport de Gardermoen, on arrivait aux termes d’un accord, signé le 30 mai 2000. LSG proposait un emploi à tous/tes les salariés/es de Gate Gourmet, une convention collective était adoptée, et les accords complémentaires, précédemment négociés, étaient maintenus.

TVA sur les nuitées d’hôtel ainsi que sur d’autres prestations de services

Le gouvernement norvégien a présenté une proposition de TVA sur différents services. Celle-ci aurait été de 24%, entre autres sur les nuitées d’hôtel. Les entreprises n’auraient pas pu la répercuter automatiquement par une hausse des prix, et l’on craignait donc, à juste titre, que ceci n’ait des conséquences sur l’emploi. Avant les consultations, le syndicat s’est engagé sur cette question avec le patronat et les organisations concernées, entre autres en menant une action commune devant le parlement et ailleurs dans le pays. Le parlement a cédé et les nuitées sont toujours exemptes de TVA.

Rapport: immigrés/es et syndicats – What’s in it for me?

Six étudiants/tes du Forum de projets de l’Université d’Oslo, ont, au printemps 2000, fait une étude pour HRAF. Cette étude portait sur la façon dont les immigrés/es, employés/es dans le secteur HRCT, nous perçoivent en tant qu’organisation. À l’issue de cette étude, les étudiants/tes nous ont conseillés quant à la façon de recruter plus de membres parmi les immigrés/es.

Chaînes, groupes et internationalisation

Centralisation et fusions des hôtels et chaînes hôtelières ne peuvent que rendre les négociations collectives et les conditions de travail plus difficiles en Norvège. HRAF a consacré beaucoup de temps et de ressources pour lancer, dans les grands groupes, une offensive sur le travail syndical. Quatre groupes, Scandic, SAS, Rica et Narvesen, ont entrepris de faire une enquête sur les besoins et les conditions inhérents au lieu de travail, sur le nombre d’employés/es syndiqués/es, et le contexte dans lequel travaillent les délégués/es syndicaux/ales. Il est ressorti de cette enquête que le nombre d’employés/es représentés/es dans les différentes sociétés ou au comité directeur des groupes, reste extrêmement réduit.

Chaîne Scandic

Scandic rassemble 16 hôtels en Norvège. Une conférence des délégués/es syndicaux/ales a été organisée au printemps 2000. Un projet d’accord de coopération avait préalablement été élaboré. Cet accord a été approuvé par la conférence et un comité de travail constitué de trois personnes a été mis en place. Les différentes parties ont signé l’accord de coopération en octobre 2000 et le travail a commencé.

Hôtels Radisson SAS

En janvier 2000, HRAF a directement pris contact avec la nouvelle direction des Hôtels Radisson SAS. Après diverses rencontres, une conférence des délégués/es syndicaux/ales a été organisée en juin 2000. La direction de la chaîne Radisson SAS a partiellement assisté à cette conférence et n’a pas caché qu’il était, à son avis, important pour le développement du secteur au niveau national et international et pour les défis à venir, de lancer le travail au sein du groupe. Un comité d’entreprise constitué de trois personnes a été élu lors de la conférence. Le patronat et HRAF ont signé un protocole stipulant que des négociations allaient être entreprises.

Narvesen

HRAF compte de nombreux membres au sein du secteur restauration de Narvesen. Narvesen a son propre comité d’entreprise constitué de membres du syndicat des employés/es de commerce et de bureau (HK) et de membres de HRAF. En compagnie de HK et de NTF, HRAF a participé aux débats et aux négociations pour la défense des intérêts des employés/es. On travaille maintenant à la mise en place d’un comité d’entreprise au sein du groupe, à celle de délégués/es syndicaux/ales dans les nouvelles sociétés ainsi qu’à la représentation du personnel dans les différents comités de direction.

Groupe Choice
À l’automne 2000, HRAF a pris contact par écrit avec Choice Scandinavia, en soulignant l’importance du travail syndical au sein du groupe et le bénéfice que les interlocuteurs sociaux pourraient en tirer. Il n’a pas été possible d’organiser une rencontre en octobre. La direction devait se manifester avant octobre, dans le but d’organiser une conférence et d’entamer des négociations. En dépit de différentes tentatives écrites et téléphoniques, on n’a toujours pas réussi à poursuivre le dialogue avec Choice.

Chaîne Rica

De même, les délégués/es syndicaux/ales de Rica souhaitent depuis des années, lancer le travail syndical au sein du groupe. Ils ont, en vain, présenté la question devant la direction à l’occasion de plusieurs conférences annuelles. La chaîne Rica est la première chaîne hôtelière de Norvège et la seule qui exploite 60 hôtels, dont 40 lui appartenant. Le travail concernant les délégués/es syndicaux/ales a commencé à la fin de l’automne et les négociations devraient être terminées au printemps 2001.

Fusion de Aero-Chef et Gate Gourmet

L’organisation a mené des négociations concernant la fusion d’Aero-Chef et de Gate Gourmet. On a obtenu, dans le cadre de la convention collective, la réembauche de la totalité du personnel d’Aero-Chef par la nouvelle société, ainsi que le maintien de toutes les conditions de travail qui avaient été préalablement négociées.

Syndicalisme nordique au sein des groupes

Lors du séminaire de l’Union nordique, tenu en 1999 en Finlande, il a été décidé de constituer un groupe de travail nordique. Celui-ci sera chargé du syndicalisme au sein des grands groupes, tant dans une optique nordique qu’en corrélation avec les comités d’entreprise européens. Lors du congrès tenu en août 2000 en Islande, il a été déclaré officiellement que cette coopération faisait partie intégrante de l’activité de l’Union nordique.

L’un des autres sujets importants concernant l’Europe, a été la mise en réseau des délégués/es syndicaux/ales des pays nordiques. Celle-ci doit être conçue de sorte que les délégués/es syndicaux/ales, par exemple au sein de la chaîne Scandic, puissent se soutenir les uns les autres et échanger leurs expériences.

Coopération avec CHODAWU en Tanzanie, via LO

La priorité du plan d’action selon lequel LO va coopérer avec l’organisation HRCT en Tanzanie, CHODAWU, a été officiellement décidée. CHODAWU rassemble des employés/es de l’hôtellerie, de la restauration, des parcs naturels et des employés/es domestiques. En 2000, le mouvement syndical a obtenu le droit à la négociation collective. La Tanzanie est l’un des pays les plus pauvres du monde. Après des années d’économie planifiée, elle est passée à l’économie libérale. Dans de nombreux cas, les défis auxquels sont confrontés HRAF et CHODAWU sont identiques. La coopération permettra de mettre l’accent sur l’échange d’expériences relatives au recrutement des membres et au travail syndical.

Situation financière

Depuis deux ans, les capitaux propres du syndicat ont évolué de façon négative. En 2000, la moyenne des cotisations s’est améliorée de façon significative. Ceci est encourageant et prouve que le niveau de revenus s’améliore dans ce secteur. Ce niveau reste cependant au-dessous de ce qu’il devrait être et ce, principalement en raison de la forte proportion d’emplois à temps partiel dans cette branche. 30% des cotisations des membres sont versés à d’autres organisations ou au titre de diverses assurances. Ce sont là des coûts incontrôlables pour l’organisation. Proportionnellement à la «faible» moyenne des cotisations de l’organisation, comparée à d’autres organisations de LO, ceci représente une part non négligeable. 7% des cotisations sont versés aux syndicats locaux. Ceci signifie que, pour faire fonctionner l’organisation centrale, l’organisation ne dispose que de 64% des cotisations, soit 168 NOK par mois et par membres. Ce qui est peu, en comparaison d’autres organisations.

Changement d’organisation interne

En 2000, la situation financière de l’organisation a continué à se détériorer. Au cours du premier semestre, le déficit s’élevait à 5,5 millions de NOK. En 2000, la baisse du nombre des membres sur deux ans, a imposé un réajustement à la baisse des prévisions concernant les recettes ainsi qu’un changement d’organisation. Il a fallu prévoir des restrictions budgétaires pour le reste de l’année et prendre des mesures pour rééquilibrer le fonctionnement. Les négociations avec les organisations représentant les employés/es de HRAF ont permis d’arriver à un accord concernant le budget 2001, celui-ci prévoyant un équilibre budgétaire de fonctionnement ainsi qu’une réduction de 6,5 postes.

Nouveau logo

Le syndicat a approuvé la modification, courant 2000, du logo. Celui-ci a changé.